LE PLAISIR DANS LE SERVICE POUR DIEU (4ème partie et fin) : LE BON BERGER ÉMONDE SON BERGER.
- Estelle Ndjengue.

- il y a 4 heures
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Jean 15.2 : « […] et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit. »Nous avons vu précédemment l'importance, pour un berger que Dieu établit sur sa bergerie, de rester fidèle à son maître, le Seigneur Jésus. Cependant, ce n'est pas toujours aisé. Il y a tellement de combats dans l'exercice du ministère de berger qui font que beaucoup d'entre eux abandonnent leurs missions. L'un de ces combats, entre autres, c'est le caractère des brebis qu'ils paissent. Le cas de Moïse et des enfants d'Israël en est une parfaite illustration. C'était un peuple très rebelle à Dieu, qui l'avait d'ailleurs qualifié de « peuple au cou roide », c'est-à-dire qui ne se laisse pas plier, qui est rigide [1].
Exode 32.9 : « L'Éternel dit à Moïse : Je vois que ce peuple est un peuple au cou roide. »Exode 33.3 : « Monte vers ce pays où coulent le lait et le miel. Mais je ne monterai point au milieu de toi, de peur que je ne te consume en chemin, car tu es un peuple au cou roide.»Exode 33.5 : « Et l'Éternel dit à Moïse : Dis aux enfants d'Israël : Vous êtes un peuple au cou roide ; si je montais un seul instant au milieu de toi, je te consumerais. Ôte maintenant tes ornements de dessus toi, et je verrai ce que je te ferai. »Deutéronome 31.27 : « Car je [Moïse] connais ton esprit de rébellion et la roideur de ton cou. Si vous êtes rebelles contre l'Éternel pendant que je suis encore vivant au milieu de vous, combien plus le serez-vous après ma mort ! »Lorsque les enfants d'Israël rejetaient une parole ou une instruction de Dieu, ils avaient pris l'habitude de s'en prendre à Moïse et/ou à Aaron, qui le secondait. C'est généralement le réflexe d'une « brebis de Christ » qui est rebelle ; quand elle n'accepte pas ce que Dieu lui dit, elle s'insurge contre le berger de Dieu, surtout si c'est par lui que Dieu est passé pour lui donner l'instruction ou le conseil qu'elle réprouve. En général, ceux qui rejettent Dieu rejetteront ceux qui lui sont soumis, quelque soit d'ailleurs leur rôle dans le corps de Christ, pasteur ou autre chose. C'est ce que le Seigneur Jésus annonçait déjà à ses disciples, avant sa crucifixion.
Jean 15.20 : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.»Luc 10.16 : « Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé.»En tant que berger, ou personne qui prend soin d'une âme que le Seigneur jésus lui a confié, il ne faut donc pas être surpris que cela arrive, surtout en ces temps de la fin. En effet, Paul dit ceci à Timothée, son fils dans la foi qu'il formait au ministère pastoral :
« 1Je t'en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, 2prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. 3Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, 4détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. 5Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l'œuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère.»Lorsque le berger de Dieu se trouve dans une situation comme celle de Moïse, il y a la tentation de fuir en abandonnant l'œuvre de Dieu, ou de chercher ce qu'il aurait fait de mal, à force d'être accusé par des personnes qui pensent comme Koré pensent que vous agissez de vous-même. Cela peut perturber, et même vous pousser à vous demander si c'est vraiment Dieu qui vous a établi sur sa bergerie, qui vous a envoyé, qui vous a oint pour ce service. Mais cela est justement un piège du diable qui par tous les moyens, cherche à vous faire abandonner votre ministère, à vous défiler pour avoir libre accès à la bergerie et en piller les membres. Bien sûr, il faut toujours laisser le Saint-Esprit sonder nos cœurs afin de ne pas laisser de portes ouvertes dans notre manière de le servir. Mais lorsqu'une personne choisit de ne pas suivre le chemin que Dieu a tracé pour elle, même vous en tant que berger, vous n'y pourrez rien, car Dieu nous a créés libres. Ainsi, l'offense ne vient pas forcément parce qu'on aurait péché. Le prophète Samuel par exemple a toujours eu un bon témoignage devant Dieu. Il est l'un des serviteurs de Dieu dans la bible qui tout au long de sa vie lui est resté fidèle, alors même qu'il avait grandi dans un environnement où il y avait beaucoup d'infidélité à Dieu. Cependant, Samuel n'a pas eu la joie de voir ses deux fils suivre ses pas. Ils n'étaient pas intègres devant Dieu.
1 Samuel 8.1 - 3 : « 1Lorsque Samuel devint vieux, il établit ses fils juges sur Israël. 2Son fils premier-né se nommait Joël, et le second Abija ; ils étaient juges à Beer-Schéba. 3Les fils de Samuel ne marchèrent point sur ses traces ; ils se livraient à la cupidité, recevaient des présents, et violaient la justice.»En tant que père et prophète, il a sûrement eu très mal en voyant ses fils se détourner de ce qu'il leur avait enseigné. Mais que pouvait-il faire ? Pouvait-il les forcer à aimer Dieu, à lui être fidèles ? Non, car l'amour ne force pas.
Dans ce genre de situation, le serviteur de Dieu peut se demander : pourquoi Dieu permet-il cela ? En quoi ai-je péché ? Pourquoi Dieu veut-il que je sois surtout confronté à des personnes « au cou roide », comme Israël dans le désert, ou comme les fils de Samuel ?
Les voies de Dieu sont insondables, mais on peut avoir au moins quelques indices dans les paroles suivantes :
Proverbes 20.30 : « Les plaies d'une blessure sont un remède pour le méchant ; De même les coups qui pénètrent jusqu'au fond des entrailles.»Nous sommes tous nés avec la nature du péché en nous, et par son Saint-Esprit, Dieu nous libère de toute méchanceté qui trouverait encore le moindre logis dans nos cœurs. Ainsi, même s'il/elle porte déjà de bons fruits devant Dieu, toute situation désagréable qu'un serviteur ou qu'une servante rencontrerait dans son service doit être vu comme le fumier qui a pour but de le/la libérer d'une méchanceté inconnue jusqu'alors. Par « méchanceté » voyons tout simplement toute mentalité qui s'oppose à celle de Dieu. Or l'alignement de notre système de pensées à celui de Dieu, ce sera pour toute la vie. Les offenses qu'un berger subirait donc dans son ministère, ne sont que l'émondage de son caractère. Même s'il n'aurait pas « mérité » ce qu'il subit, le Bon berger a encore besoin de le débarrasser des parasites de la chair qui ont résisté aux derniers brisements. Tout cela fera qu'il marchera davantage dans l'amour devant Dieu.
Psaumes 110.1 - 2 : "L’Éternel a déclaré à mon Seigneur : « Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis ton marchepied. » 2L’Eternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : domine au milieu de tes ennemis !"Lorsque David, dit, par le Saint-Esprit, « assieds-toi à ma droite », il fait allusion ici au repos en Christ. En principe, lorsqu'on fait asseoir une personne sur un trône, on confirme son titre ou sa position honorifique. Pensez aux cérémonies d'intronisation royale, où le roi ou la reine est invité (e) à s'asseoir sur son trône. C'est ce que Jésus a vécu au ciel, et c'est le partage de tous ceux qui le suivent. En Christ, nous sommes assis dans les lieux célestes.
Or, David poursuit en disant « jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis ton marchepied.». Autrement dit, « prends du repos à mes côtés jusqu'à ce que j'anéantisse tous tes ennemis ».
Puis il dit :
« 2L’Eternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : domine au milieu de tes ennemis !». Sion, c'est Jérusalem, précisément dans ce contexte, la céleste. Et Jérusalem, c'est la cité de la paix. Cela veut donc dire que c'est à partir du repos (Sion, où l'on a la paix) que nous pouvons gouverner ou dominer sur la terre conformément au mandat de Dieu dans Genèse.
Genèse 1.27 - 28 : "Il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit et leur dit : « Reproduisez-vous, devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la ! Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se déplace sur la terre !»"Or, ce repos ne se trouve qu'au fur et à mesure que la vie divine prend de l'ampleur en nous. Plus la chair meurt, plus Christ, le prince de la paix, domine en nous. Et quand l'Esprit de Christ, le prince de la paix domine en nous, à ce moment-là, nous « dominons ».
Par ailleurs, lorsqu'il dit « ta jeunesse vient à toi comme une rosée » (psaumes 110.3), la Bible annotée affirme que littéralement, c'est un peuple de « franche volonté » [2]. Voici son commentaire :
« Le peuple de franche volonté et la sacrificature éternelle (3 - 4) :
Ton peuple… Jusqu’ici on n’a vu encore, en face du Seigneur, que les ennemis sur lesquels il va dominer (versets 1 et 2). Voici maintenant son armée. C’est un peuple qui n’obéit ni par intérêt, ni par contrainte, mais par libre adhésion ; littéralement : Ton peuple, franche volonté ; il est tout dévouement, don libre et joyeux de soi-même, offrande spontanée ; par conséquent entièrement à la disposition du roi, une seule âme, un seul cœur avec lui. […]»Lorsque Dieu permet donc que son serviteur ou sa servante traversent certaines situations douloureuses, en particulier lorsqu'il s'agit de paître son troupeau, c'est pour affermir sa volonté. Il veut faire de son berger ou de sa bergère, un serviteur/une servante de franche volonté. Il veut lui apprendre à servir sans contrainte, et sans chercher son propre intérêt. Et pour ce faire, il faille souvent que le berger soit avec des personnes au caractère difficile, voire ingrates et méchantes, comme les Israélites dans le désert avec Moise. Le fer aiguise le fer.
Proverbes 27.17 : « Tout comme le fer aiguise le fer, l'homme s'aiguise au contact de son prochain. »En effet, dans Hébreux 13.7, on comprend que si les bergers ne sont pas considérés avec respect par ceux dont ils doivent prendre soin, ils gémiront en paissant le troupeau de Dieu, ce qui ne lui sera d'aucun avantage.
Hébreux 13.17 : « Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu'il en soit ainsi, afin qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui vous ne serait d'aucun avantage.»Or servir Dieu au milieu d'un peuple réfractaire, en gardant son cœur fidèle à Dieu, cela prouve vraiment qu'on le sert par amour ; cela montre qu'on dépasse les mauvaises conditions de travail pour focaliser sur Dieu qu'on veut servir.
De même, si le berger n'est pas par exemple rémunéré à sa juste valeur, ou s'il ne reçoit pas de la reconnaissance (de la part des hommes bien-sûr), on ne peut pas dire qu'il est pour son propre intérêt. Il apprend ainsi à faire de Dieu son seul rémunérateur. L'Homme n'est pas ou n'est plus son rémunérateur. Attendre de l'Homme une quelconque reconnaissance constituera tôt ou tard pour le serviteur ou la servante de Dieu, une occasion de chute ; aussi, Dieu les libère-t-il de toute velléité à compter encore sur l'Homme.
En faisant de Dieu son seul rémunérateur, le serviteur de Dieu s'exerce à ne pas servir son maître selon son propre plaisir humain, mais plutôt selon le bon plaisir de Dieu. C'est donc la volonté de Dieu qui devient son seul moteur, son seul élan dans le service qu'il lui rend. Tant que le bon plaisir humain constitue le moteur de l'élan d'un berger, il risque un jour abandonner l'œuvre de Dieu par découragement s'il estime que le troupeau de Dieu est difficile à paître, ou s'il n'a pas de rémunération matérielle, ou même de contrepartie morale. Jésus a servi le Père dans un monde qui l'a complètement rejeté, et pourtant, il est demeuré parfait. Il a aimé jusqu'au bout. Parfois, même en aimant jusqu'au bout, certaines personnes vous rejetterons en tant que berger, ou serviteur de Dieu quelconque. Mais le plus important pour vous, est de préserver une bonne relation avec celui qui vous envoie. Voyez le bon côté des choses : même si vous portiez déjà du fruit, Dieu veut encore vous affermir, vous, son berger.
Jean 15.2 : « […] et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit.»PRIÈRE/Père céleste, merci de m'affermir encore dans le ministère que tu me confies. Merci de m'émonder afin que je porte davantage du fruit pour Toi. Aide-moi comme ton serviteur Moise, à rester humble et fidèle devant Toi, même si ce n'est pas toujours facile. Au nom de Jésus, je prie. Amen.



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