SAVOIR CULTIVER LA DISCRÉTION
- Estelle Ndjengue.

- il y a 13 heures
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Proverbes 12.23 : « L'homme prudent cache sa science, Mais le cœur des insensés proclame la folie.»La discrétion est la qualité qui consiste à savoir garder les secrets. Une personne discrète ne parle pas à tort et à travers. Elle a la maîtrise de soi comme qualité, et en particulier, la maîtrise de sa langue. La maîtrise de soi est un fruit du Saint-Esprit selon Galates 5.23.
Le diable a été dépouillé complètement de sa puissance sur l'Homme (Colossiens 2.15). Cependant, ne s'avouant pas vaincu, il cherche encore des voies et moyens pour l'asservir. L'un de ces moyens, c'est le manque de discrétion. Satan, contrairement à Dieu, n'est ni omniscient ni omnipotent. Il ne sait pas tout, en dépit de ce qu'il fait paraître. Or il ne peut non plus voler et détruire ce qu'il ignore. Dès lors, lorsque nous lui livrons certaines informations sur notre vie, c'est là où il peut encore trouver l'occasion de frapper.
Comment livrons-nous des informations au diable ?
En parlant sans sagesse.
Tout le monde n'a pas besoin d'être au courant des hauts et des bas que nous vivons dans notre mariage ou dans notre famille. Tout le monde n'a pas besoin de connaître certaines prophéties qui ont été libérées sur nous, ou certaines promesses que Dieu nous a faites personnellement. Tout le monde n'est pas prêt à accueillir favorablement la bonne nouvelle que vous venez de recevoir. Tout le monde n'est pas obligé de connaître votre témoignage, surtout si ce dernier n'est pas encore affermi (exemple : une grossesse à quelques semaines, un projet qui vient à peine de naître, mais qui n'a pas encore grandi). Tout le monde n'a pas besoin de connaître les instructions que Dieu vous a donné dans le secret à vous personnellement. Tout le monde n'est pas sensé être au parfum des différentes saisons de votre vie.
D'ailleurs, le discernement des temps et des saisons de notre vie est capital dans notre croissance en Christ. Il y a un temps pour cacher ce qui doit être caché, comme certaines informations sur vous, et il y a un temps pour les révéler.
Il faut également faire attention à qui nous nous confions. Toute oreille ne se réjouit pas toujours de notre bonheur, même parmi des oreilles qu'on appelle « frères», « sœurs», « ami.e», et même au sein de notre propre famille. Parfois, il y a en effet des cœurs amers, des cœurs non guéris de certaines blessures, des cœurs jaloux, ou tout simplement des cœurs immatures. Sur ce dernier point, révéler certaines choses à un cœur immature peut être une erreur. Si vous dites à une personne qui est encore à certains égards fragile dans la foi, des choses sur la manière dont Dieu est en train de vous conduire, cela pourrait la déstabiliser; or nous ne devons pas être une occasion de chute pour les autres. C'est pourquoi le Seigneur Jésus lui-même avait dit à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pourriez pas les supporter maintenant.» (Jean 16.12).Jésus aurait voulu partager plus de choses à ses disciples à ce moment-là, mais en le faisant, il leur aurait fait plus de mal que de bien. Non pas que ces choses étaient fausses ou mauvaises en soi, loin de là; c'étaient des trésors du royaumes des cieux. Cependant, le niveau de maturité de ses disciples à cette époque ne leur permettait pas de supporter certaines révélations. Cela fait penser à cette parole que Dieu donna aux Israélites, quand il leur promit de chasser de leur terre les Héviens, les Cananéens et les Héthiens. Il leur dit :
«Je ne les chasserai pas en une seule année loin de ta face, de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi. Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu'à ce que tu augmentes en nombre et que tu puisses prendre possession du pays.» (Exode 23.29-30)Ce serait donc au fur et à mesure que le peuple d'Israël augmenterait en nombre qu'il rentrerait en possession de son héritage. De même, c'est au fur et à mesure que les disciples de Jésus gagneraient en maturité que certaines révélations leur seraient accessibles.
Dieu respecte le processus de notre croissance. Voilà pourquoi il ne nous dit pas tout et ne nous donne pas tout à n'importe quel moment. Il attend que nous soyons prêts à recevoir ce qu'il a à nous donner. Faire les choses hors du timing divin, comme révéler à quelqu'un ce qu'il ne peut encore supporter, c'est mal faire faire. C'est violer la saison de l'autre, et détruire ce que Dieu a commencé à travailler en lui. On ne peut enseigner certaines choses à un enfant de quatre ans parce qu'il n'est pas encore prêt à les recevoir et à gérer certaines informations. La discrétion a donc cette vertu de la protection de l'autre.
Mais ce n'est pas tout. Elle protège aussi celui qui la pratique. Elle le met à l'abri de certains combats inutiles, auquel il se serait exposé en manquant de discrétion. Mais elle protège en plus de l'orgueil. Par exemple, l'apôtre Paul avait fait part aux Chrétiens de Corinthe d'une expérience surnaturelle qu'il avait eue, quatorze ans plus tôt, au moment où il donna son témoignage.
2 corinthiens 12.2 : « Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu'au troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait).»Beaucoup de personnes à sa place auraient déjà voulu aussitôt donner leur témoignage. Mais bien souvent, ce n'est pas tant le désir d'encourager les autres qui nous animent, ou même l'envie de «glorifier Dieu». C'est plutôt le désir de se vanter. La preuve, quand on est poussé à se taire dans une telle circonstance, on se sent frustré, on a l'impression de subir une injustice, ou d'être muselé. C'est la chair qui veut absolument s'exprimer, parce qu'il est dans sa nature de parler sans discerner le caractère opportun ou non opportun du témoignage à donner. Et pourtant le Saint-Esprit lui-même nous peut nous empêcher de parler parce que le temps de révéler certaines choses n'est pas encore arrivé.
D'ailleurs, nous pouvons ne pas être encore prêts à supporter certaines représailles liées à notre consécration. Aussi Dieu nous protège t-il au travers de la discrétion, comme il protège un bébé dans le sein maternel.
Certaines expériences avec Dieu sont parfois si fortes que si nous ne faisons pas attention, elles peuvent se transformer en malédiction contre nous, alors qu'elles étaient sensées être des bénédictions. C'est ainsi qu'après avoir fait vivre à son serviteur une si forte expérience, Dieu a placé dans la vie de Paul un ange de Satan pour l'empêcher de s'enorgueillir.
2 corinthiens 12.7 : « Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excellence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m'empêcher de m'enorgueillir.»Cela peut paraître étrange comme procédé pour maintenir quelqu'un dans l'humilité. Si nous focalisons non plus sur l'étrangéité du procédé, mais plutôt sur le fruit qui en découle, à savoir l'humilité, nous rendrons grâce plus souvent à Dieu pour certaines situations même inconfortables. Nous verrons qu'elles nous rendent davantage dépendants de Dieu, en nous poussant à compter uniquement sur sa grâce, et non sur nos mérites, nos forces ou notre propre sagesse. Ce n'est pas non plus ici une éloge de la douleur; c'est simplement une vallée de l'ombre de la mort que nous traversons et qui nous rendra plus proches du cœur de Jésus.
Dans tous les cas, l'apôtre Paul a su cultiver la discrétion, car se taire pendant 14 années sur une si grande expérience, c'est uniquement l'œuvre du Saint-Esprit, esprit de sagesse et de maîtrise de soi.
La discrétion a en outre l'avantage de rendre nos propos plus aimables, plus intéressants et plus puissants. En effet, ce que l'on dit a toujours plus de retentissement lorsqu'on le dit au bon moment. C'est comme déguster un plat après qu'il ait longtemps mijoté au feu. Il n'a pas le même goût que le plat qui est aussitôt sorti du feu à peine cuit. Il est plus succulent. Cultiver la discrétion, c'est rendre davantage appétissant la parole de Dieu qui sort de notre bouche.
Proverbes 16.23-24 : « 23Le cœur du sage donne à sa bouche (de s’exprimer avec) discernement Et l’accroissement de son savoir paraît sur ses lèvres. 24Les discours agréables sont un rayon de miel, Douceur pour l’âme et remède pour le corps.»PRIÈRE/Père céleste, je te prie de me donner un cœur qui cultive la discrétion. Aide-moi par ton Saint-Esprit, à savoir me taire quand il le faut, et parler quand il le faut. Au nom de Jésus je te prie. Amen.



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