DEUX RECOMMANDATIONS POUR VIVRE LA PAIX DIVINE (1).
- Estelle Ndjengue.

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Dans Philippiens 4, Paul, apôtre de Jésus-Christ, donne quelques recommandations à des frères et sœurs dans la foi. Deux de ces recommandations sont directement rattachées à la paix intérieure. La première se trouve dans les versets 6 et 7 et la seconde, au verset 9.
I-PRÉSENTER SES BESOINS À DIEU
« 6Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. 7Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ.» (Philippiens 4.6-7).J’ai réalisé que, lorsque je posais des questions à Dieu, je focalisais beaucoup sur la réponse que j’obtiendrais de Lui, pensant de cette manière trouver la paix. Et lorsque Dieu ne me répondait pas (Il peut en effet rester silencieux selon les saisons), je n’étais pas en paix. J’estimais que ma paix se trouvait dans la réponse à mes questions, dans la compréhension des situations que je vivais ou des événements qui m’entouraient. Mais en lisant bien Philippiens 4.6-7, on remarque que la paix divine qui garde nos cœurs et nos pensées en Jésus-Christ ne provient pas de notre capacité à comprendre absolument ce qui se passe dans nos vies ou autour de nous. Elle provient du fait d’avoir présenté nos besoins à Dieu, uniquement.
Lorsque nous avons un souci ou des interrogations, le simple fait de les faire connaître à Dieu nous procure la paix. Il ne faut donc pas focaliser sur le fait de tout comprendre, ou même sur la réponse à la prière, mais plutôt sur le fait de faire connaître à Dieu nos besoins. C’est à partir de là que sa paix intérieure envahira nos cœurs. Ainsi, nous pouvons être en paix, bien avant même d’avoir été exaucés, et c’est la volonté de Dieu qu’en toutes circonstances, nous soyons en paix.
Notre paix, en tant que disciple de Jésus-Christ, ne provient pas d’abord d’une prière exaucée, d’une réponse qui nous satisferait, mais elle provient tout d’abord du fait que nous ayons présenté au Dieu de la paix ce qui nous tracasse. Voilà pourquoi nous pouvons trouver des chrétiens joyeux, alors même qu’ils n’ont pas réponse à tout, alors même qu’ils ne sont pas encore entrés dans leurs promesses ou qu’ils n’ont pas encore trouvé de solution aux difficultés qu’ils traversent. Leur joie provient de leur relation avec le Dieu de la paix, Jésus-Christ, à qui ils présentent constamment tout ce qui est susceptible de troubler leur paix intérieure.
Qu’arrive-t-il si nous ne trouvons pas la paix, bien que nous ayons présenté à Dieu nos besoins ?
Dieu ne peut pas mentir. Si nous ne trouvons pas la paix alors que nous Lui avons présenté notre besoin, c’est qu’il y a probablement un problème dans la manière dont nous l’avons présenté.
Les prières et les supplications, un élan d'humilité.
Paul précise qu’il faut faire connaître ses besoins à Dieu ainsi :
« par des prières et des supplications, avec des actions de grâces » (Philippiens 4.6).Il y a dans cette recommandation un soupçon d’humilité, nécessaire à notre approche. Ici, faire connaître ses besoins à Dieu, c’est « prier et supplier » d’abord. Plus précisément, la prière et la supplication sont, dans ce contexte-ci, le moyen par lequel on présente à Dieu ses besoins. Or, on ne peut prier et supplier quelqu’un avec un cœur arrogant, contestataire ou querelleur. Il faut de l’humilité. Prier, c’est s’adresser à Dieu comme à un père qui a solution à tout. Et s’il est père, c’est que nous sommes ses enfants, ses fils et ses filles. Or, la qualité de l’enfant que le Seigneur Jésus nous a recommandé d’avoir pour pouvoir entrer dans son royaume, c’est l’humilité.
Matthieu 18.2-3 : « 2Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, 3et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. » Matthieu 19.14 : « Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » Les enfants sont simples. Ils obéissent simplement, ils croient tout ce que vous leur dites. Ils n’agissent pas avec fioritures. Ils font confiance facilement. Ils ne gardent pas de colère dans leurs cœurs. Ils se soumettent sans tout comprendre. D’ailleurs, « supplier » signifie : « Prier (quelqu’un) avec insistance et humilité, en demandant quelque chose comme une grâce.»
Dans la manière dont nous nous approchons de Dieu pour lui faire connaître notre besoin, l’insistance ou la persévérance d’une part, et la conscience de la grâce d’autre part, sont capitales.
Pour les premières (l’insistance ou la persévérance), souvenons-nous de Jacques 5.16 qui dit :
« La prière fervente du juste a une grande efficacité. » Le Seigneur Jésus a lui-même enseigné l’importance de toujours prier sans se relâcher (Luc 18.1 - 8). Il nous faut donc être persévérants dans la prière, jusqu’à ce que sa paix divine nous couvre.
Pour la seconde (la conscience de la grâce), il est important de se rappeler que tout est grâce. Le simple fait même de s’approcher de Dieu est une grâce et non un mérite personnel, car c’est l’effort de Jésus-Christ seul qui nous l’accorde. Lui seul s’est donné en sacrifice parfait pour nous réconcilier avec Dieu.
De même, le simple fait de demander quelque chose à Dieu est une grâce que nous ne devons pas oublier. En l’oubliant, nous agirons avec Lui comme s’il avait une dette envers nous, comme s’il nous devait un salaire, ou comme s’il était notre serviteur. Cela ouvre la porte à l’arrogance qu’on peut quelquefois confondre avec l’assurance ; et pourtant, c’est la mentalité de la grâce qui seule procure la vraie assurance. En revanche, la mentalité du mercenaire qui se dit « Seigneur, j’ai quand même fait ci ou ça, je te suis fidèle, je te sers, je ne suis pas comme les autres… », elle, procure de l’arrogance, qui est une perversion de la saine assurance. Ce n’est pas bon de venir avec un tel cœur devant Dieu, car tout ce que nous pouvons recevoir de Lui est pure grâce. C’est ce qui explique d’ailleurs le dernier ingrédient dans notre approche, à savoir l’action de grâce.
L'action de grâce.
L'apôtre Paul au verset 6 de Philippiens 4 ajoute :
« avec des actions de grâce ». Plus nous sommes conscients de la grâce divine, plus nous donnerons à Dieu des actions de grâce. Remarquons que Paul dit de donner ces actions de grâce sans même avoir parlé d’exaucement de la prière. Nous attendons souvent obtenir notre exaucement pour donner des actions de grâce à Dieu, et pourtant, les actions de grâce doivent déjà accompagner les prières et supplications que nous adressons à Dieu. Ainsi, pour recevoir la paix intérieure lorsque nous faisons connaître nos besoins à Dieu, il est important d’associer à nos prières et supplications, des actions de grâce. C’est une manière de reconnaître la grâce que nous avons de nous approcher de notre Père céleste librement ; mais c’est aussi une manière de reconnaître la grâce que nous avons de lui faire connaître nos besoins librement. Par ailleurs, c’est une manière de posséder ce que nos yeux n’ont pas encore vu. En rendant grâce à Dieu après lui avoir fait connaître notre besoin, nous lui disons que nous croyons qu’il nous a entendus, et qu’il nous exaucera en son temps et à sa manière. C’est cela la foi, qui est une ferme assurance des choses qu’on espère, et une démonstration de celles qu’on ne voit pas encore (hébreux 11.1). Négliger les actions de grâce, c’est donc se priver de la paix divine.
Une paix au-dessus de toute intelligence.
Au verset 7, il est dit que cette paix
« surpasse toute intelligence ». Elle est donc en dehors de toute capacité à comprendre, alors que la paix du monde dépend de ce que nous pouvons comprendre. Aussi, est-elle passagère. C’est pourquoi Jésus a dit :
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. (…) » (Jean 14.27). Le monde donne une paix basée sur la compréhension des choses, sur maintes et maintes explications ; mais ce type de paix est éphémère, voire factice, parce que l’on peut mal comprendre les choses. Par exemple, remarquons à quel point l’être humain a besoin de trouver un bouc émissaire lorsqu’il vit un drame. Même si cela est faux (par exemple, il peut se tromper de coupable.), il lui faut absolument trouver quelque chose ou quelqu’un qui puisse expliquer ce qu’il vit ou sur qui déverser sa colère. C’est parce que sa paix dépend de la compréhension des événements, et pourtant, il y a des choses qui dépassent notre intelligence humaine.
Par contre, la paix de Jésus-Christ n’est pas fonction de la compréhension de tout. Son Saint-Esprit nous explique ce que nous sommes prêts à comprendre et à accepter, et pour le reste, sa paix nous couvre une fois que nous nous abandonnons à Lui. Elle n’attend pas que nous ayons « compris ». En plus, elle est éternelle et solide.
PRIÈRE / Père céleste, apprends-moi à déposer mes fardeaux devant Toi, tout en Te faisant confiance, même si je ne comprends pas ce qui se passe, même si je ne sais où Tu m’amènes. Je reçois Ta paix qui surpasse toute intelligence. Au nom de Jésus, je prie. AMEN.


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