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LA GUERRE PREND FIN QUAND TU ADORES DIEU.


Genèse 47. 8‑9  : « Pharaon dit à Jacob : Quel est le nombre de jours des années de ta vie ? Jacob répondit à Pharaon : Les jours des années de mon pèlerinage sont de cent trente ans. Les jours des années de ma vie ont été peu nombreux et mauvais, et ils n’ont point atteint les jours des années de la vie de mes pères durant leur pèlerinage. »

Dans son commentaire sur ces propos de Jacob, la Bible annotée dit ceci :

« Court : comparé aux cent soixante-quinze ans de la vie d’Abraham et aux cent quatre-vingts ans de la vie d’Isaac.

Mauvais : ce mot rappelle les épreuves qui ont été le lot de Jacob dans la maison de Laban et dans sa propre famille.» [1]


Effectivement, comparée à celle de ses pères Abraham et Isaac, la vie de Jacob semble avoir été plus tumultueuse. Non pas que ses pères n’aient pas eu d’épreuves (bien au contraire), mais à cause, probablement, de son caractère de lutteur. Dieu rappelle en effet à Israël que :

« Dans le sein maternel, Jacob saisit son frère par le talon, et dans sa vigueur, il lutta avec Dieu. Il lutta avec l’ange et il fut vainqueur, il pleura et lui adressa des supplications […] » (Osée 12:4-5).

Juste avant cela, Dieu dit :

« L’Éternel est aussi en contestation avec Juda, et il punira Jacob pour sa conduite ; il lui rendra selon ses œuvres. » (Osée 12 : 3)

Jacob, dont le nom avait été changé en Israël après qu’il eut lutté avec Dieu, devint un nouvel homme. Brisé par le sentiment de ses fautes, il remporta la victoire sur sa vieille nature (en luttant avec Dieu contre elle) à force d’humiliations et de persévérance dans la foi (Genèse 32).

En effet, c’était lorsqu’il était sur le point de rencontrer Ésaü, son frère qu'il avait offensé en volant le droit d'aînesse, qu’il lutta avec Dieu. Jacob avait vraiment pris conscience de la gravité de son acte et était prêt à s’humilier devant son frère. C’est ce qu’il finit par faire, d’ailleurs. Or, cette attitude d’humilité, il ne l’a eue qu’après avoir lutté avec Dieu. Cela veut dire qu’en réalité, il luttait non pas contre Dieu, mais avec Dieu contre sa vieille nature, et il remporta la victoire. Et quand le vieil homme qui est orgueilleux disparaît, l’homme nouveau, plus humble, apparaît. À ce niveau-là, Jacob avait compris qu’on n’a pas besoin d’utiliser des moyens frauduleux, comme voler les autres ou utiliser la ruse, pour être béni ou pour atteindre ses objectifs.

La leçon a été dure, mais au moins Jacob, devenu Israël, finit par la comprendre. Il finit par comprendre que seule la foi en Dieu est le moyen d’accéder à la bénédiction, et non les détours, la ruse, le vol, la tricherie, le mensonge, l’usurpation de place ou d’identité, ou, en général, nos forces charnelles.

Cependant, la leçon ne s'était pas arrêtée là. Maintenant qu’il était devenu « Israël », il dut apprendre une dimension de l’adoration qui consiste à redonner à Dieu ce qu’il nous avait lui-même donné, en guise d'offrande sacrificielle.

En effet, dans la première partie de sa vie — avant sa lutte avec Dieu à Péniel — Jacob avait appris que c’est Dieu qui bénit et non ses propres forces, en particulier la fraude. Mais, dans la deuxième partie de sa vie, après la lutte à Péniel et la réconciliation avec Ésaü, il apprit à abandonner à Dieu ce que Dieu lui-même lui avait donné et qu’il avait de plus cher : ses fils Joseph et Benjamin.

Quand Dieu dit à Abraham d’écouter Sara qui lui demandait de chasser son esclave Agar et son fils Ismaël, Abraham obéit sans résister (Genèse 21:8-14). Quand Dieu dit à Abraham de lui sacrifier son unique fils Isaac, Abraham obéit encore, sans lui résister (Genèse 22).

Mais, en ce qui concerne Israël (Jacob), son fils Joseph lui fut arraché, et il fut toujours dans le deuil jusqu’à ce qu’il le retrouve, puisqu’il est dit :

«25Ils remontèrent de l'Égypte, et ils arrivèrent dans le pays de Canaan, auprès de Jacob, leur père. 26Ils lui dirent : "Joseph vit encore, et même c'est lui qui gouverne tout le pays d'Égypte." Mais le cœur de Jacob resta froid, parce qu'il ne les croyait pas. 27Ils lui rapportèrent toutes les paroles que Joseph leur avait dites. Il vit les chars que Joseph avait envoyés pour le transporter. C'est alors que l'esprit de Jacob, leur père, se ranima ; 28et Israël dit : c'est assez ! Joseph, mon fils, vit encore ! J'irai, et je le verrai avant que je meure. » (Genèse 45 : 25-28)

Abraham avait obéi à Dieu en lui donnant Isaac en sacrifice, parce qu’il avait eu foi en la puissance de résurrection de Dieu.

Hébreux 11 : 17‑19 : « C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac, lorsqu’il fut mis à l’épreuve, et qu’il offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses, à qui il avait été dit : en Isaac sera nommée pour toi une postérité. Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts ; aussi le recouvra‑t‑il par une sorte de résurrection. »

Parce qu’Abraham avait délibérément accepté de perdre son fils unique en l’offrant à Dieu, Dieu n’a pas eu besoin de l’arracher à Abraham, de le prendre par la force en créant par exemple une circonstance où, malgré lui, Abraham serait contraint de perdre Isaac. Isaac a été donné de tout cœur à Dieu : c’est cela l’acte d’adoration. Lorsque c’est Dieu qui vous arrache quelque chose parce que vous ne voulez pas la lui donner délibérément, ce n’est plus de l’adoration. Alors, vous ne vous sentirez pas bien ; vous serez agité et vous perdrez la paix. Vous porterez le vêtement de deuil, parce que vous n’aurez pas cru en la résurrection de ce que vous avez perdu. C’est d’ailleurs la véritable raison pour laquelle vous refusiez de donner cette chose ou cette personne à Dieu ; pire, vous refusiez de Lui restituer cette chose ou cette personne, car, à la base, c’était un don - voire un prêt - de Dieu.

Vu les circonstances de la séparation entre Joseph et Jacob, et la profonde tristesse de ce dernier tout au long de leur séparation, on peut dire que dans son cœur, Jacob n’avait pas donné Joseph à Dieu; c’est comme si Joseph lui avait été arraché.

En revanche, il capitula plus vite en ce qui concerne l’histoire de Benjamin (le dernier fils de Rachel, sa femme préférée) qu’il aimait aussi beaucoup.

Genèse 43.14 : « Que le Dieu tout-puissant vous fasse trouver grâce devant cet homme et qu’il laisse revenir avec vous votre autre frère et Benjamin ! Et moi, si je dois être privé de mes enfants, que j’en sois privé ! »

Cela fait penser à la reine Esther quand elle demanda aux Juifs de jeûner pour elle en disant :

« Moi aussi je jeûnerai de même avec mes servantes, puis j’entrerai chez le roi, malgré la loi ; et si je dois périr, je périrai ! » (Esther 4 : 16).

Esther était prête à mourir pour le salut de son peuple. Jacob, à ce moment crucial de sa vie où la famine pesait sur son peuple, avait finalement cédé ; il avait été prêt à abandonner ses fils pour sauver sa famille et son peuple de la mort.

Là, on y est. C’est cela l’adoration à Dieu : être prêt à donner à Dieu ce qu’on a de plus cher pour le bien d’un plus grand nombre de personnes.

C’est lorsqu’il posa cet acte d’adoration à Dieu en laissant partir Benjamin que la résurrection eut lieu : non seulement, il retrouva Joseph, son fils disparu, mais il retrouva également Benjamin (Et Siméon que Joseph fit enfermer en Egypte pour éprouver ses frères [2]); et par‑dessus tout, Israël sauva tout son peuple (70 personnes) de la famine par son obéissance et son sacrifice.

Par rapport à ses pères, cette grande leçon, il l’apprit un peu plus tard après avoir longtemps résisté à Dieu. Et c’était tout le temps de cette résistance qui fit que ses jours étaient mauvais.


Nous en concluons ceci : tant que notre vie ne dégage pas véritablement le parfum de l’adoration à Dieu, nous ne jouirons pas entièrement de la paix de Christ, tout simplement parce que notre vieille nature ne nous laissera jamais en paix. Elle ne sait que faire la guerre, et c’est cette guerre intérieure-là qui nous agite à l’extérieur.

1 Pierre 2.11 : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme. »
Jacques 4.1 : « D'où viennent les luttes, et d'où viennent les querelles parmi vous ? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? ».

NB : le mot grec στρατεύω (strateuomai) traduit ici par “combattre” signifie “faire une expédition militaire, conduire des soldats à la guerre [3].


Mais la guerre prend fin quand on adore Dieu. Alors acceptons, comme Abraham et comme Jacob finalement, de donner à Dieu ce que nous avons de plus cher, même si au départ, c’est Lui-même qui nous l’avait donné.

Nous marcherons ainsi sur les pas de Jésus-Christ dont nous sommes invités à avoir les sentiments.

Philippiens 2. 5‑8 : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu ; mais il s’est dépouillé lui‑même, en prenant une forme de serviteur [NDLR : “doulos” en grec : esclave, homme de condition servile], en devenant semblable aux hommes et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même [NDLR : on ne l’a donc pas forcé ou contraint à le faire.], se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »

De là, la résurrection, l’élévation.

Philippiens 2.9‑11 : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

PRIÈRE/Père céleste, comme ton fils Jésus s’est entièrement donné en guise d’offrande sacrificielle, je te donne aussi ce que tu me demandes, comme Abraham. Au nom de Jésus, je prie. AMEN.

[2] Genèse 42.24 : « Il s'éloigna d'eux pour pleurer, puis il revint leur parler. Il prit parmi eux Siméon et le fit enchaîner sous leurs yeux.»

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